Claude Monet est né à Paris en 1840, mais grandit au Havre, où son père tient un commerce d'épicerie pour la marine. Adolescent, il se fait connaître en vendant des caricatures d'habitants de la ville chez un marchand de fournitures. C'est là que le peintre Eugène Boudin remarque son talent et l'emmène peindre en plein air, sur les plages et les falaises normandes. Monet dira plus tard que ses yeux se sont alors ouverts.
Monté à Paris, il fréquente l'atelier du peintre Charles Gleyre, où i... Voir plus >
Claude Monet est né à Paris en 1840, mais grandit au Havre, où son père tient un commerce d'épicerie pour la marine. Adolescent, il se fait connaître en vendant des caricatures d'habitants de la ville chez un marchand de fournitures. C'est là que le peintre Eugène Boudin remarque son talent et l'emmène peindre en plein air, sur les plages et les falaises normandes. Monet dira plus tard que ses yeux se sont alors ouverts.
Monté à Paris, il fréquente l'atelier du peintre Charles Gleyre, où il se lie avec Auguste Renoir, Alfred Sisley et Frédéric Bazille. Les années 1860 sont difficiles. Le jury du Salon refuse ses Femmes au jardin, et Monet, criblé de dettes, vit dans une grande précarité avec sa compagne Camille. En 1869, il peint avec Renoir les baigneurs de La Grenouillère, sur les bords de Seine, en décomposant les reflets de l'eau en petites touches de couleur pure. Ces toiles sont considérées comme l'acte de naissance de l'impressionnisme.
Le mouvement tire d'ailleurs son nom d'un tableau de Monet. En 1874, il présente Impression, soleil levant lors de la première exposition du groupe, organisée dans l'ancien atelier du photographe Nadar. Le port du Havre y apparaît noyé dans la brume bleue du matin, sous un soleil orange. Le critique Louis Leroy s'en moque en qualifiant les exposants d'impressionnistes, et le nom reste. Installé à Argenteuil, puis à Vétheuil, Monet peint les régates, les champs de coquelicots et les bords de Seine. Il revient souvent en Normandie peindre les falaises d'Étretat, dont les marines comptent parmi ses œuvres les plus spectaculaires. En 1877, il installe même son chevalet à la gare Saint-Lazare pour saisir les panaches de vapeur des locomotives.
À partir de 1890, Monet travaille par séries. Il peint le même motif des dizaines de fois, à différentes heures et en différentes saisons. Les Meules, les Peupliers, la cathédrale de Rouen ou le Parlement de Londres deviennent ainsi le support d'une étude obstinée de la lumière. Ses paysages cherchent désormais à saisir l'atmosphère qui enveloppe les choses, plus que les choses elles-mêmes.
En 1883, il s'installe à Giverny, dans l'Eure. Il y crée un jardin fleuri puis, de l'autre côté de la route, un bassin enjambé par un pont japonais et couvert de nénuphars. Pendant près de trente ans, il ne cesse de peindre ce jardin d'eau. La série des Nymphéas compte environ deux cent cinquante toiles, où le ciel, les saules et les fleurs se mêlent à la surface de l'eau jusqu'à faire disparaître la rive et l'horizon. Malgré une cataracte qui altère sa vision des couleurs, il poursuit ce travail jusqu'à sa mort à Giverny, en 1926.
Au lendemain de l'armistice de 1918, Monet offre à l'État un ensemble monumental de Nymphéas, installé en 1927 dans deux salles ovales du musée de l'Orangerie, à Paris. Longtemps jugées trop informes, ces grandes toiles sont redécouvertes dans les années 1950 par les peintres abstraits américains, de Jackson Pollock à Joan Mitchell, qui y voient l'un des points de départ de l'art abstrait.
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