Paul Signac est né à Paris en 1863 dans une famille de commerçants aisés, propriétaires d'une sellerie. Il se destine d'abord à l'architecture, mais la mort de son père en 1880 et la découverte des toiles de Claude Monet, exposées la même année, le décident à devenir peintre. Presque autodidacte, il installe son chevalet sur les bords de la Seine, à Asnières et à Montmartre, et peint dans la manière claire et spontanée de l'impressionnisme.
En 1884, il participe à la fondation de la Société des artistes i... Voir plus >
Paul Signac est né à Paris en 1863 dans une famille de commerçants aisés, propriétaires d'une sellerie. Il se destine d'abord à l'architecture, mais la mort de son père en 1880 et la découverte des toiles de Claude Monet, exposées la même année, le décident à devenir peintre. Presque autodidacte, il installe son chevalet sur les bords de la Seine, à Asnières et à Montmartre, et peint dans la manière claire et spontanée de l'impressionnisme.
En 1884, il participe à la fondation de la Société des artistes indépendants, dont le salon est ouvert à tous sans jury. Il y fait la connaissance de Georges Seurat, de quatre ans son aîné, qui vient d'exposer Une baignade à Asnières. La rencontre est décisive. Les deux hommes étudient ensemble les théories scientifiques de la couleur et mettent au point une technique fondée sur la juxtaposition de petites touches de couleur pure, qui se mélangent dans l'œil du spectateur. Le pointillisme est né. Ils convainquent même Camille Pissarro, l'aîné des impressionnistes, de les suivre pendant quelques années.
En 1890, Signac réalise le portrait de leur ami, le critique Félix Fénéon, qui présente la silhouette élégante du modèle devant un tourbillon de spirales, d'étoiles et de motifs colorés. À la mort brutale de Seurat, l'année suivante, il devient le chef de file du néo-impressionnisme. En 1899, il en publie le manifeste, D'Eugène Delacroix au néo-impressionnisme, où il inscrit la méthode dans une longue histoire de la couleur.
Passionné de navigation, Signac possède au cours de sa vie une trentaine de bateaux. En 1892, il découvre à bord de son voilier un petit port de pêche encore inconnu, Saint-Tropez, où il achète quelques années plus tard la villa La Hune. Il y attire de nombreux peintres, dont Henri Matisse, qui passe l'été 1904 à ses côtés et y trouve l'élan vers le fauvisme. Sous le soleil de la Méditerranée, la touche de Signac s'élargit en petits pavés rectangulaires, comme des tesselles de mosaïque, et ses couleurs deviennent éclatantes.
Ses voyages le mènent à Venise, Rotterdam, Marseille, Antibes ou Constantinople. Partout, il peint les ports, les voiles, les quais et les reflets sur l'eau, dans des marines et des paysages lumineux qui font de lui l'un des grands peintres de la mer. Il pratique aussi l'aquarelle avec une grande liberté, en quelques traits de crayon rehaussés de taches de couleur.
Président de la Société des artistes indépendants de 1908 à 1934, il défend pendant plus de vingt-cinq ans les jeunes peintres de l'avant-garde. À la fin de sa vie, il entreprend encore une vaste série d'aquarelles consacrée aux ports de France, qu'il parcourt de Dunkerque à Sète. Il meurt à Paris en 1935, un an après avoir quitté cette présidence.
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