Né en 1798 à Charenton-Saint-Maurice, près de Paris, Eugène Delacroix entre à dix-sept ans dans l'atelier du peintre Pierre-Narcisse Guérin. Il s'y lie avec Théodore Géricault, de sept ans son aîné, pour qui il pose l'une des figures du Radeau de la Méduse. L'énergie de Géricault, son goût pour les corps en tension et pour les chevaux le marquent durablement. Au Louvre, Delacroix copie inlassablement Rubens et Véronèse, dont il admire la puissance d... Voir plus >
Né en 1798 à Charenton-Saint-Maurice, près de Paris, Eugène Delacroix entre à dix-sept ans dans l'atelier du peintre Pierre-Narcisse Guérin. Il s'y lie avec Théodore Géricault, de sept ans son aîné, pour qui il pose l'une des figures du Radeau de la Méduse. L'énergie de Géricault, son goût pour les corps en tension et pour les chevaux le marquent durablement. Au Louvre, Delacroix copie inlassablement Rubens et Véronèse, dont il admire la puissance des couleurs.
Ses débuts sont fracassants. Dante et Virgile aux Enfers, présenté au Salon de 1822, est acheté par l'État. Deux ans plus tard, Scènes des massacres de Scio dénonce la répression turque contre les Grecs, et en 1827, La Mort de Sardanapale scandalise la critique par son tourbillon de corps, de bijoux et de tissus rouges. En 1830, il peint La Liberté guidant le peuple en hommage aux Trois Glorieuses, les journées révolutionnaires de juillet. La figure de la Liberté, drapeau tricolore à la main, entraîne les insurgés par-dessus les barricades. Le tableau réinvente la peinture d'histoire en l'appliquant à l'actualité et devient l'une des images les plus célèbres de France.
En 1832, Delacroix accompagne une mission diplomatique auprès du sultan du Maroc. Le voyage, prolongé par une courte étape à Alger, le bouleverse. Il remplit plusieurs carnets de croquis et d'aquarelles, qui nourriront son œuvre jusqu'à la fin de sa vie. Les Femmes d'Alger dans leur appartement, en 1834, naissent de cette expérience. Les fantasias, les cavaliers arabes et les chasses aux lions lui permettent aussi de peindre les animaux sauvages avec une fougue sans égale.
Moins connus, ses portraits comptent pourtant parmi ses œuvres les plus sensibles. En 1838, il peint ensemble ses amis Frédéric Chopin et George Sand. Le tableau est découpé après sa mort, et les deux fragments sont aujourd'hui conservés l'un au Louvre, l'autre à Copenhague. À partir des années 1830, il reçoit aussi d'importantes commandes de décors, dont le plafond de la galerie d'Apollon au Louvre et la chapelle des Saints-Anges à l'église Saint-Sulpice, où il peint La Lutte de Jacob avec l'ange.
Delacroix meurt en 1863 dans son appartement de la place de Furstemberg, aujourd'hui transformé en musée. Sa liberté de touche et sa science des couleurs complémentaires ont ouvert la voie aux impressionnistes, puis à Signac, Cézanne et Van Gogh. Son imagination et son goût du rêve ont nourri également les peintres du symbolisme, comme Odilon Redon et Gustave Moreau.
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