Né au Mans en 1885 dans une famille aristocratique, La Fresnaye étudie à l'Académie Julian, à l'École des beaux-arts puis à l'Académie Ranson, où il suit l'enseignement de Maurice Denis et de Paul Sérusier. Ses premières toiles portent la marque des Nabis et de Gauguin. La grande rétrospective consacrée à Paul Cézanne en 1907 oriente pourtant ses recherches vers la construction des volumes et la géométrie de l'espace.
Vers 1910, il rejoin... Voir plus >
Né au Mans en 1885 dans une famille aristocratique, La Fresnaye étudie à l'Académie Julian, à l'École des beaux-arts puis à l'Académie Ranson, où il suit l'enseignement de Maurice Denis et de Paul Sérusier. Ses premières toiles portent la marque des Nabis et de Gauguin. La grande rétrospective consacrée à Paul Cézanne en 1907 oriente pourtant ses recherches vers la construction des volumes et la géométrie de l'espace.
Vers 1910, il rejoint les peintres qui se retrouvent à Puteaux autour des frères Duchamp et expose avec eux au Salon de la Section d'or en 1912. Son cubisme reste très personnel. Il ne décompose jamais les objets en facettes multiples comme Picasso ou Braque, mais les simplifie en grands plans colorés, sans leur faire perdre leur lisibilité. Le Cuirassier ou L'Artillerie, avec leurs chevaux et leurs soldats lancés en plein mouvement, montrent un peintre capable d'allier la rigueur géométrique au souffle des grandes compositions historiques.
Cette clarté le rapproche de Fernand Léger, dont il partage le goût pour les volumes pleins, même si ses tableaux restent plus sereins et moins mécaniques. Il retient aussi de Robert Delaunay l'usage de couleurs franches et lumineuses. Dans ses natures mortes, bouteilles, livres et compotiers deviennent des formes nettes posées sur des aplats de couleur, tandis que ses paysages réduisent maisons, arbres et collines à quelques volumes essentiels. En 1912, il participe également à la Maison cubiste, un projet d'architecture et de décoration présenté au Salon d'automne.
Engagé volontaire en 1914, il sert au front pendant presque toute la guerre. Il en revient atteint de tuberculose et s'installe à Grasse, où la maladie l'empêche de travailler longtemps à la peinture à l'huile. Il se consacre alors surtout au dessin et à l'aquarelle, et revient à une figuration plus classique dans des portraits d'amis et quelques compositions ambitieuses, dont un hommage à l'aviateur Georges Guynemer. Il meurt à Grasse en 1925, à quarante ans, laissant une œuvre brève mais parmi les plus accomplies du cubisme français.
Voir moins