Georges Seurat est né à Paris en 1859 dans une famille aisée. Son père, ancien huissier, vit retiré dans une maison du Raincy, et le jeune Georges grandit auprès de sa mère, boulevard de Magenta. En 1878, il entre à l'École des beaux-arts dans l'atelier d'Henri Lehmann, un ancien élève d'Ingres, où il reçoit une formation très classique. Il passe aussi de longues heures à la bibliothèque, à lire les traités scientifiques sur la couleur du chimiste Michel-Eugène Chevreul et du physicien américain Ogden Rood.
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Georges Seurat est né à Paris en 1859 dans une famille aisée. Son père, ancien huissier, vit retiré dans une maison du Raincy, et le jeune Georges grandit auprès de sa mère, boulevard de Magenta. En 1878, il entre à l'École des beaux-arts dans l'atelier d'Henri Lehmann, un ancien élève d'Ingres, où il reçoit une formation très classique. Il passe aussi de longues heures à la bibliothèque, à lire les traités scientifiques sur la couleur du chimiste Michel-Eugène Chevreul et du physicien américain Ogden Rood.
Avant de s'attaquer à la couleur, Seurat s'impose comme un dessinateur exceptionnel. Au crayon Conté, sur un papier au grain épais, il réalise des centaines de dessins en noir et blanc où les figures émergent de l'ombre sans aucun contour, par de simples dégradés de gris. En 1884, le Salon officiel refuse sa première grande toile, Une baignade à Asnières, qui montre de jeunes ouvriers au repos au bord de la Seine. Il participe alors à la fondation du Salon des indépendants, ouvert à tous les artistes sans jury.
Il consacre ensuite deux ans à Un dimanche après-midi à l'île de la Grande Jatte, pour lequel il réalise une soixantaine d'études. Sur une île de la Seine, des promeneurs endimanchés, des canotiers, une femme tenant un singe en laisse et une fillette en blanc se figent au soleil comme sur une frise antique. Toute la surface est couverte de petits points de couleur pure, qui se mélangent dans l'œil du spectateur plutôt que sur la palette. Présenté en 1886 à la dernière exposition des impressionnistes, le tableau fait sensation. Le critique Félix Fénéon invente pour Seurat et ses amis le terme de néo-impressionnisme. La méthode, bien plus rigoureuse que la touche spontanée de Claude Monet, prend aussi le nom de pointillisme.
Autour de lui se forme un petit groupe. Paul Signac devient son principal compagnon de recherche et le théoricien du mouvement. Camille Pissarro, pourtant l'un des pères de l'impressionnisme, adopte le point pendant plusieurs années avant de revenir à une touche plus libre.
Chaque été, Seurat quitte Paris pour la côte de la Manche, à Grandcamp, Honfleur, Port-en-Bessin ou Gravelines. Il y peint des marines d'un calme absolu, où les jetées, les phares et les voiliers se découpent sur une mer et un ciel pâles. De retour à l'atelier, il consacre ses hivers à de grandes compositions consacrées aux spectacles parisiens, comme Parade de cirque, Le Chahut ou Le Cirque. Il y étudie l'effet des lignes montantes et descendantes sur les émotions, en complément de ses paysages.
Seurat mène une vie très secrète. Même ses proches ignorent qu'il vit avec un modèle, Madeleine Knobloch, et qu'il est devenu père d'un petit garçon en 1890. Au printemps 1891, alors que Le Cirque est encore inachevé, il meurt brutalement d'une maladie foudroyante, à trente et un ans. Son fils est emporté par la même maladie deux semaines plus tard.
En moins de dix ans, Seurat a pourtant ouvert une voie décisive. Henri Matisse, Robert Delaunay ou les futuristes italiens retiendront sa manière de construire la lumière par la couleur. Un siècle plus tard, La Grande Jatte inspire même à Stephen Sondheim une comédie musicale de Broadway, Sunday in the Park with George, dont le premier acte raconte la création du tableau.
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