Mattia Preti est né en 1613 à Taverna, un bourg de montagne de Calabre, à l'extrême sud de l'Italie. Vers 1630, il rejoint à Rome son frère aîné Gregorio, lui-même peintre. La ville est alors encore marquée par l'héritage de Caravage, mort vingt ans plus tôt, et Mattia adopte son clair-obscur contrasté et ses figures prises sur le vif. Ses premières toiles, des musiciens, des joueurs de cartes et des buveurs réunis autour d'une table, sont de véritables Voir plus >
Mattia Preti est né en 1613 à Taverna, un bourg de montagne de Calabre, à l'extrême sud de l'Italie. Vers 1630, il rejoint à Rome son frère aîné Gregorio, lui-même peintre. La ville est alors encore marquée par l'héritage de Caravage, mort vingt ans plus tôt, et Mattia adopte son clair-obscur contrasté et ses figures prises sur le vif. Ses premières toiles, des musiciens, des joueurs de cartes et des buveurs réunis autour d'une table, sont de véritables scènes de genre caravagesques.
Au fil des années romaines, il élargit ses références. Il étudie le Guerchin et Giovanni Lanfranco, puis découvre à Venise les grandes compositions colorées de Véronèse. En 1642, le pape Urbain VIII le fait admettre dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, l'ordre des chevaliers de Malte. Il y gagne le surnom de Cavalier calabrais, qui le suivra toute sa vie. Il reçoit bientôt ses premières grandes commandes de fresques, dont l'abside de l'église Sant'Andrea della Valle, à Rome.
En 1653, il s'installe à Naples, alors l'une des plus grandes villes d'Europe. En 1656, une épidémie de peste y tue près de la moitié de la population. Les autorités lui commandent des fresques votives pour les sept portes de la ville, afin d'implorer la protection du ciel. Seule celle de la porte San Gennaro subsiste aujourd'hui. Ses toiles napolitaines, comme Le Retour du fils prodigue ou Le Festin d'Hérode, déploient de vastes scènes peuplées de figures monumentales, baignées d'une lumière dorée héritée de Venise. Elles font de lui l'un des maîtres du baroque napolitain, aux côtés de Luca Giordano.
En 1659, il se rend à Malte, où il restera jusqu'à la fin de sa vie. Les grands maîtres de l'ordre lui confient la décoration de la voûte de la co-cathédrale Saint-Jean de La Valette. Pendant cinq ans, il y peint directement à l'huile sur la pierre les dix-huit épisodes de la vie de saint Jean-Baptiste, patron de l'ordre, dans un décor en trompe-l'œil qui transforme l'austère église en un écrin baroque. Il réalise ensuite des retables pour la plupart des églises de l'île, et forme de nombreux élèves maltais.
Preti peint aussi des sujets tirés de l'Antiquité et de la mythologie, qui relèvent de la peinture d'histoire, comme ses héroïnes antiques ou ses scènes de banquets. Il meurt à La Valette en 1699, à quatre-vingt-cinq ans, et il est inhumé dans la cathédrale qu'il a décorée.
Quelques mètres à peine séparent sa tombe de l'oratoire où est exposée La Décollation de saint Jean-Baptiste, peinte par Caravage lors de son propre séjour à Malte, en 1608. Le plus grand chef-d'œuvre du maître et l'œuvre de celui qui fut, plus que tout autre, son héritier dans le sud de l'Italie se trouvent ainsi réunis sous le même toit.
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