Un carrefour parisien sous la pluie, des passants abrités sous leurs parapluies, des pavés luisants qui s'étirent vers des immeubles haussmanniens encore neufs. Peint en 1877 et conservé à l'Art Institute de Chicago, Rue de Paris, temps de pluie est le tableau le plus célèbre de Gustave Caillebotte. Il résume à lui seul son art, fait d'un dessin précis, d'une perspective rigoureuse et d'un regard presque photographique posé sur la ville de son temps.
Né à Paris en 1848 dans une famille fortunée, Caillebot... Voir plus >
Un carrefour parisien sous la pluie, des passants abrités sous leurs parapluies, des pavés luisants qui s'étirent vers des immeubles haussmanniens encore neufs. Peint en 1877 et conservé à l'Art Institute de Chicago, Rue de Paris, temps de pluie est le tableau le plus célèbre de Gustave Caillebotte. Il résume à lui seul son art, fait d'un dessin précis, d'une perspective rigoureuse et d'un regard presque photographique posé sur la ville de son temps.
Né à Paris en 1848 dans une famille fortunée, Caillebotte a vu la capitale se transformer sous les travaux du baron Haussmann. Il en devient l'un des plus grands peintres. Le Pont de l'Europe, avec ses poutrelles métalliques au-dessus des voies de la gare Saint-Lazare, ou ses vues plongeantes sur les boulevards depuis les balcons de l'appartement familial font des immeubles et des rues de véritables sujets, et le placent parmi les maîtres de la peinture d'architecture. Ses figures coupées par le bord du cadre et ses premiers plans laissés vides rappellent les compositions d'Edgar Degas, qui partage avec lui ce goût pour les points de vue inattendus.
Tout commence pourtant par un refus. En 1875, le jury du Salon écarte Les Raboteurs de parquet, qui montre trois ouvriers torse nu décapant le plancher d'un appartement bourgeois. Le sujet est jugé vulgaire. Caillebotte expose alors le tableau l'année suivante avec les impressionnistes, qu'il vient de rejoindre. Aujourd'hui au musée d'Orsay, la toile est l'une des premières à représenter le travail urbain avec autant de sérieux, et donne aux scènes de genre une ampleur jusque-là réservée aux grands sujets.
Hors de Paris, c'est l'eau qui l'attire. Régatier passionné, Caillebotte dessine lui-même ses voiliers et fait construire un chantier naval au Petit-Gennevilliers. Les canotiers de l'Yerres, les régates d'Argenteuil et les bords de Seine lui inspirent des toiles lumineuses qui rejoignent la tradition des marines. Il y peint souvent aux côtés de Claude Monet, mais garde des formes plus nettes et une construction plus ferme que son ami.
Sa fortune fait aussi de lui le principal soutien du groupe. Il finance des expositions, paie le loyer de Monet et achète les toiles de Renoir, Pissarro ou Cézanne quand personne n'en veut. Ce rôle de mécène a longtemps éclipsé le peintre, redécouvert seulement dans les années 1960. À sa mort en 1894, sa collection léguée à l'État, qui comprend Le Bal du moulin de la Galette et La Gare Saint-Lazare, forme l'un des cœurs du futur musée d'Orsay.
Ses dernières années se passent dans sa propriété du Petit-Gennevilliers, où il cultive des orchidées et échange conseils de jardinage avec Monet. Les massifs de fleurs, les serres et les allées de son jardin deviennent alors le sujet de ses derniers paysages, plus colorés et plus libres que ses vues de Paris.
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