Joseph Mallord William Turner est né à Londres en 1775, au cœur du quartier de Covent Garden. Son père, barbier et perruquier, expose les dessins de son fils dans la vitrine de sa boutique et les vend à ses clients. À quatorze ans, le jeune Turner est admis aux écoles de la Royal Academy, et dès l'année suivante, il y présente sa première aquarelle. Sa carrière est fulgurante. À vingt-sept ans, il devient l'un des plus jeunes membres de l'Académie, où il enseignera plus tard la perspective.
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Joseph Mallord William Turner est né à Londres en 1775, au cœur du quartier de Covent Garden. Son père, barbier et perruquier, expose les dessins de son fils dans la vitrine de sa boutique et les vend à ses clients. À quatorze ans, le jeune Turner est admis aux écoles de la Royal Academy, et dès l'année suivante, il y présente sa première aquarelle. Sa carrière est fulgurante. À vingt-sept ans, il devient l'un des plus jeunes membres de l'Académie, où il enseignera plus tard la perspective.
Chaque été, Turner parcourt la Grande-Bretagne puis le continent, un carnet à la main. Il remplit des centaines de pages de croquis de montagnes, de cathédrales, de châteaux et de rivières, qu'il transforme ensuite en atelier en aquarelles et en grandes toiles. Il admire par-dessus tout le peintre français Claude Lorrain, maître des ciels dorés et des ports baignés de soleil. Dans son testament, il exigera que deux de ses tableaux soient accrochés à côté de ceux de Claude à la National Gallery, où ils se trouvent encore aujourd'hui.
Figure majeure du romantisme anglais, Turner cherche à peindre la nature dans ce qu'elle a de plus terrible. Dans Tempête de neige, Hannibal et son armée traversant les Alpes, un tourbillon de neige engloutit les soldats. En 1834, il assiste depuis une barque à l'incendie du Parlement de Londres et en tire plusieurs toiles embrasées. Selon une anecdote qu'il racontait lui-même, il se serait fait attacher au mât d'un navire pendant quatre heures en pleine tempête pour peindre Tempête de neige en mer.
La mer reste le grand sujet de sa vie. Naufrages, bateaux de pêche, ports et côtes battues par les vagues font de lui le plus grand peintre de marines de son siècle. En 1839, Le Dernier Voyage du Téméraire montre un vieux vaisseau de guerre de la bataille de Trafalgar, remorqué vers la casse par un petit vapeur noir sous un coucher de soleil flamboyant. Cinq ans plus tard, Pluie, Vapeur et Vitesse fait surgir une locomotive du brouillard sur un pont de la Tamise. À Venise, où il séjourne à trois reprises, les palais et les églises se dissolvent dans la lumière de la lagune, et ses paysages deviennent de pures visions de couleur.
Ces toiles déroutent ses contemporains, qui parlent de brouillard et de peinture inachevée. Le jeune critique John Ruskin prend sa défense avec passion. Contrairement à son contemporain allemand Caspar David Friedrich, dont les paysages semblent figés dans le silence, Turner peint le mouvement, la vapeur et la lumière qui transforment tout. En 1870, réfugiés à Londres pendant la guerre franco-prussienne, Claude Monet et Camille Pissarro découvrent ses œuvres, qui annoncent de plusieurs décennies les recherches de l'impressionnisme.
À la fin de sa vie, Turner s'installe à Chelsea sous un faux nom, auprès de sa compagne Sophia Booth, et meurt en 1851. Il lègue à la nation près de trois cents peintures et plus de trente mille dessins et aquarelles, aujourd'hui conservés à la Tate Britain. Depuis 1984, le prix Turner récompense chaque année un artiste britannique contemporain, et depuis 2020, son autoportrait et Le Téméraire figurent sur le billet de vingt livres sterling.
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